CHANSONS
Illustrations, recueil des chansons de Jean-Michel Aubert -1980-
| Enfant
tu joues |
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Le
prisonnier Je vis dans un château Un château en détresse Un château, un château Qui n'a plus qu'une pièce Un château hors du temps Où il n'y a plus d'adresse Un château pas très grand Un château sans noblesse Je vis dans une cellule Une cellule bien fermée Une cellule, une cellule Condamné à y rester Une cellule hors du temps Où il n'y a pas d'adresse Une cellule c'est pas grand C'est tout ce qu'il me reste Je vis de souvenirs Que le temps m'a laissé Je vis d'eau et de pain Je crois je n' le vois point Je n' connais plus le jour Mes yeux se sont fermés Le jour où d'un bruit sourd La dalle fut placée Depuis bien trop longtemps Personne ne m'a parlé Et j'ai le sentiment D'être sourd et muet Pourtant je pense encore Et j'y suis condamné Lorsque je m'endors J'voudrai pas m'réveiller Je vis dans un cachot Un cachot forteresse Dites-moi donc pourquoi Dites-moi qui je suis Dites-moi qui j'étais... |
| Grenier
d'une vie Après des années, on a retrouvé dans un grenier Les toiles d'un peintre qu'on avait oublié. Cet oubli est si grave qu'il l'a condamné. Pour ramener par chance à la postérité. Dans le grenier d'une vie Quelques toiles ont vieillies. Prisonnières de quelque poussière. Oubliant l'ombre et la lumière. Ces tableaux aujourd'hui valent une fortune Et de lui on proclame qu'il était un génie Mais pour moi je constate avec tant d'amertume On lamente son sort, on romance sa vie. Mais cet ouvrage braves gens. Ne lui a pas permi. De vivre à peu près décemment. Il avait des amis. Qu'il s'agisse là d'un peintre ou de quelque autre artiste. Braves gens dites-moi pensez-vous qu'il existe. Des oeuvres qui naissent de la poussière. Pourvu qu'un homme soit mort hier. Qu'il s'agisse là d'argent. Veut vous entendre dire. De jouer aux innocents Serait encore bien pire. Après des années, on a retrouvé dans le grenier. Le testament du peintre célèbre, désormais. Juste quelques mots, un peu griffonés. Je meurs aujourd'hui, veuillez bien m'excuser. |
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Les
gosses du béton. Texte de Roland AUBERT |
| Le
Cotentin Les gens disent tous que c'est paumé Que dans ce coin là faut pas y aller Pourtant à vous je peux le dire Le Cotentin existe bien Pourtant à vous je peux le dire Le Cotentin c'est pas si loin Les gens disent souvent le contraire Que dans ce coin là c'est le désert Pourtant à vous je peux le dire Le Cotentin c'est pas si loin Pourtant à vous je peux le dire Le Cotentin existe bien Les gens disent tous que c'est paumé Que le Cotentin est condamné mais pourvu qu'vous sachiez y faire Le Cotentin sera sauvé Même si certains se plaisent à dire Le Cotentin c'est un désert Je sais que vous ne pouvez vous taire Et leurs prouverez le contraire Le Cotentin n'est pas paumé Mais pour le savoir il faut y aller Faut en vouloir, vous me direz Mais pourquoi vous décourager. Le Cotentin c'est vous et moi II faut choisir c'est vrai ma foi Pourtant pour retrouver la vie II a besoin de ses amis Battu par tous les vents Délaissé par ses enfants Le Cotentin sauvage et triste Vous le dégradez lentement Et cette région si magnifique Sauvez la donc en y restant Le Cotentin va dépérir Faites le revivre comme avant Le Cotentin déshérité Mais pourquoi donc l'abandonner Bien au contraire faut y rester Et pour cela il faut crier A tous ceux qui l'ont oublié Qu's'ils sont partis rien n'va changer Le Cotentin sera sans eux Un endroit où l'on vit heureux |
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Les
chemins de l'existence Il y a tant de routes pour mener une vie II y a tant de chemins que l'on hésite à prendre Que souvent vient le doute et les regrets aussi Si tel est ton destin que tu ne peux comprendre Regarde autour de toi et contemples la vie Le bonheur vient souvent quand tu es las d'attendre Vieil homme en bout de table tu regardes ta vie Tes songes comme le temps tracent sur ton visage Les chemins de l'existence de ce que fût ta vie Et je lis dans tes yeux si tel est le message Les souffrances et les joies que tu connus aussi Je suis dans le présent la voix de ton sillage Je commence ma vie et découvre aujourd'hui Qu'il n'y a d'existence qui ne soit en péril Je commence ma vie et découvre aujourd'hui Que tout peut arriver mais que rien n'est facile Vieil homme en apparence en serait-il ainsi Si toute l'existence avait été paisible Si j'écoute mon coeur et ne veux vivre en vain J'irais au bout du monde vivrais en baladin Chanterai sur les routes sans connaître demain J'irais de part le monde si tel est mon destin Si j'écoute mon cœur, il guidera mes pas Sans peur sans regret ne me retournant pas. |
| Le
bon Français! J'me suis payé, y'a pas longtemps, tout simplement C'est pour vous plaire Un p'tit portrait qu'est pas bien grand mais qui m'ressemble Y'a pas de mystère. Jl’ai installé face à l’entrée Qui vient chez moi, l'a sous le nez On m'demande c'est évident De qui est ce beau monument Alors j'répond tout simplement Que c'est un vrai naturellement Ah que j'suis content, et que j'en suis fier JTai pourtant pas payé bien cher. Je me suis payé une limousine, dix ans de crédit C'est pour la frime Un p'tit garage naturellement, mais je la laisse Garée devant. J'épate tous les gens du quartier Qui me prennent pour un P.D.G. Dedans j'ai l'bar j'ai la télé Magnétoscope incorporé Dans les bouchons j'suis pas pressé Et puis j'ai l'air climatisé. Ah que j'suis content et que j'en suis fier Dans mon auto, j'me donne des airs. Chez moi j'ai le tout électrique J'ai deux maisons, c'est bien pratique Un p'tit bateau pour les vacances Je n'regarde pas à la dépense Je ne vis pas à la rétrique L'important c'est d'avoir du fric J'paie à crédit, c'est plus facile Mais pour qu'çà dure, c'est évident J'redonne le tout au droit civil Et j'fait de la taule jusqu'au printemps. |
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Germaine Tu sais Germaine, j'pense à ça Depuis que nos vieux nous ont mariés Eh bien, on a pas arrêté de bosser Eh bien aujourd'hui, Germaine, Enlève ton tablier, on part Mets les chaussettes dans la mallette Moi j'atèle la jument On s'en va à perpette On va prendre du bon temps c'est pas à quatre vingt douze ans Qu'on est encore rendu C'est pas à notre âge qu'on est encore foutu Tu sais Germaine, j'pense à ça J'ai un p'tit creux, f'rait ben bon manger Alors si tu veux, mets nous le couvert, On y va... Mets les chaussettes dans la mallette Moi j'atèle la jument On va s'envoyer une p'tite rincette On va prendre du bon temps C'est pas à quatre vingt douze ans Qu'on est encore rendu C'est pas à notre âge qu'on est encore foutu Alors Germaine ça t'plait y c'pays Tu sais, Germaine j'pense à ça Depuis qu'nos vieux nous ont mariés Eh bien ils nous ont encore rien expliqué Eh bien aujourd'hui, Germaine, enlève ton tablier Enlève tes souliers, enlève tout,...on y va... Mets les chaussettes dans la mallette Moi j'atèle la jument On va s'envoyer à perpette, on va prendre du bon temps c'est pas à quatre vingt douze ans, qu'on est encore rendu C'est pas à notre âge, qu'on est encore foutu. |